Empire et indépendances : ce thème de civilisation raconte comment un petit royaume insulaire a dominé un quart de la planète, puis comment les peuples colonisés ont conquis leur liberté au XXe siècle. Tu y trouveras les repères historiques, le vocabulaire indispensable et une méthode pour commenter un document sur la colonisation et ses héritages, au niveau B1/B2.
Empire et indépendances : les grandes étapes
L’histoire de l’Empire britannique s’étend sur plus de trois siècles. Elle commence avec le commerce et finit avec la décolonisation (decolonisation). Voici les dates à connaître absolument.
- 1600 : création de la East India Company, une compagnie de commerce qui finit par gouverner une grande partie de l’Inde.
- 1858 : après la révolte de 1857, la Couronne prend directement le contrôle de l’Inde : c’est le British Raj. En 1876, la reine Victoria devient Empress of India.
- Vers 1920 : l’Empire atteint son extension maximale, environ un quart des terres émergées et de la population mondiale. On disait alors : the empire on which the sun never sets (l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais).
- 1930 : la Marche du sel de Gandhi.
- 15 août 1947 : indépendance de l’Inde et naissance du Pakistan (Partition).
- 1957 : le Ghana, mené par Kwame Nkrumah, est la première colonie d’Afrique subsaharienne à devenir indépendante. Suivent le Nigeria (1960), la Jamaïque (1962), le Kenya (1963)…
Le vocabulaire de l’Empire britannique
| Anglais | Français | Exemple |
|---|---|---|
| an empire / imperial | un empire / impérial | Britain built a vast empire. |
| a colony / to colonise | une colonie / coloniser | Kenya was a British colony. |
| a settler | un colon | Settlers took the best land. |
| to rule / the rule | gouverner / la domination | Britain ruled India for 89 years. |
| to exploit resources | exploiter des ressources | The colonies were exploited for cotton and tea. |
| a subject | un sujet (de la Couronne) | Indians were British subjects, not citizens. |
| to oppress / oppression | opprimer / l’oppression | The people felt oppressed. |
| to rebel / a rebellion | se révolter / une révolte | The 1857 rebellion was crushed. |
| to gain independence | obtenir l’indépendance | India gained independence in 1947. |
| a legacy | un héritage | The English language is a legacy of the Empire. |
the mother country : la métropole. the colonised / the colonisers : les colonisés / les colonisateurs. self-rule, home rule : l’autonomie. a freedom fighter : un combattant de la liberté.
L’Inde, Gandhi et la non-violence
Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948), avocat formé à Londres, devient le symbole de la lutte indienne. Les Indiens l’appellent Mahatma, « la grande âme ». Sa méthode s’appelle la satyagraha : une résistance non violente, fondée sur la désobéissance civile (civil disobedience), le boycott des produits britanniques et la grève.
In 1930, the British had a monopoly on salt: Indians were not allowed to collect or sell it, and they had to pay a tax on it. On 12 March, Gandhi left his ashram with 78 followers and walked about 385 kilometres to the sea at Dandi. Thousands joined him on the way. On 6 April, he picked up a handful of salt from the beach, a simple gesture that defied the law of the Empire. Tens of thousands of Indians were arrested in the following months, but the world was watching.
En 1942, Gandhi lance le mouvement Quit India (Quittez l’Inde). Le 15 août 1947, l’Inde devient indépendante, mais le pays est divisé : la Partition crée le Pakistan, à majorité musulmane. Des millions de personnes sont déplacées et les violences font des centaines de milliers de morts. Gandhi est assassiné le 30 janvier 1948. La veille de l’indépendance, le Premier ministre Nehru déclare : At the stroke of the midnight hour, when the world sleeps, India will awake to life and freedom.
Gandhi urged Indians to boycott British cloth. (Gandhi a exhorté les Indiens à boycotter les tissus britanniques.)
Non-violence proved to be a powerful weapon. (La non-violence s’est révélée une arme puissante.)
His example later inspired Martin Luther King and Nelson Mandela. (Son exemple a ensuite inspiré Martin Luther King et Nelson Mandela.)
La décolonisation en Afrique et aux Caraïbes
Après la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni, affaibli et endetté, ne peut plus tenir son empire. Le mouvement est parfois pacifique, parfois violent : au Kenya, la révolte des Mau Mau (1952-1960) est réprimée très durement. En 1960, le Premier ministre Harold Macmillan parle d’un wind of change (vent du changement) qui souffle sur l’Afrique. La plupart des nouveaux États rejoignent ensuite le Commonwealth, une association libre de pays, que tu étudieras dans un autre chapitre.
L’Empire laisse des héritages durables : la langue anglaise, le cricket, le système juridique, mais aussi des frontières tracées arbitrairement et des blessures mémorielles. En 1948, le navire Empire Windrush amène à Londres des habitants des Caraïbes venus reconstruire le pays : la Grande-Bretagne devient une société multiculturelle.
La littérature postcoloniale : the Empire writes back
À partir des années 1950, des écrivains issus des anciennes colonies racontent l’histoire de leur point de vue. Salman Rushdie a résumé ce mouvement par une formule célèbre : the Empire writes back (l’Empire répond par l’écriture).
- Chinua Achebe (Nigeria), Things Fall Apart (1958) : la vie d’un village igbo bouleversée par l’arrivée des missionnaires et des administrateurs britanniques.
- Salman Rushdie (Inde), Midnight’s Children (1981) : un héros né à minuit le 15 août 1947, dont la vie se confond avec celle de l’Inde.
- Arundhati Roy (Inde), The God of Small Things (1997) : une famille du Kerala marquée par les castes et l’héritage colonial.
- Ngũgĩ wa Thiong’o (Kenya) choisit à partir de 1977 d’écrire en kikuyu pour decolonise the mind.
Face à un extrait postcolonial, pose-toi trois questions : Who is speaking? Whose point of view is shown? What does the text say about power? Repère aussi le mélange des langues (mots indiens, igbo, créoles) : c’est une façon de s’approprier l’anglais.
Les pièges des francophones
Un colon se dit a settler ou a colonist, jamais « a colon » (= le côlon, ou les deux-points !). Indépendant de se dit independent from / of, et l’on écrit independence avec un e, pas un a. Les Indiens (d’Inde) : Indians ; pour les peuples d’Amérique, on préfère Native Americans.
Attention aussi à la prononciation : /ɪmˈpɪəriəl/ (imperial), /ˌɪndɪˈpendəns/ (independence), /ˈlegəsi/ (legacy). Et n’oublie pas la majuscule : the British Empire, the Commonwealth, Indian, African.
L’essentiel à retenir
- L’Empire britannique, né du commerce (1600), domine un quart du monde vers 1920.
- Gandhi conduit l’Inde vers l’indépendance par la non-violence : Salt March (1930), Quit India (1942), indépendance et Partition (1947).
- La décolonisation gagne l’Afrique et les Caraïbes : Ghana 1957, Jamaïque 1962, Kenya 1963.
- Vocabulaire clé : to rule, settler, to gain independence, civil disobedience, legacy.
- La littérature postcoloniale (Achebe, Rushdie, Roy) donne la parole aux anciens colonisés.

