Les stratégies de lecture transforment un texte anglais qui fait peur en un texte que l’on apprivoise étape par étape. Inutile de comprendre chaque mot : il faut savoir où regarder, quoi chercher et comment prouver ce que l’on affirme. Voici une méthode claire, utilisable en classe, en devoir et le jour de l’évaluation, pour les articles comme pour les extraits de roman.
Pourquoi des stratégies de lecture ?
Un lecteur débutant lit mot à mot et s’arrête au premier mot inconnu. Un bon lecteur, lui, fait plusieurs passages sur le texte, avec un objectif différent à chaque fois. Il s’appuie sur ce qu’il connaît déjà et devine le reste grâce au contexte. En seconde, les textes deviennent plus longs (300 à 600 mots) et plus littéraires : il te faut donc une méthode.
Étape 1 : observer avant de lire
Avant la première phrase, regarde le paratexte : tout ce qui entoure le texte. Il te donne gratuitement des informations précieuses.
| Indice | Ce qu’il t’apprend | Exemple |
|---|---|---|
| Le titre | le thème, parfois le ton | Leaving Home : un départ, peut-être une émotion forte |
| La source | le type de document et le public | The Guardian → un article de presse |
| La date | le contexte historique | 1947 → l’indépendance de l’Inde |
| L’auteur | son origine, son point de vue | un roman d’un auteur nigérian |
| La mise en page | dialogue, poème, lettre, liste | des guillemets → des paroles rapportées |
Formule une hypothèse avant de lire : I think this text is about a young woman who leaves her family. Pendant la lecture, tu la confirmeras ou tu la corrigeras. Ton cerveau lit beaucoup mieux quand il cherche quelque chose.
Étape 2 : survoler puis chercher (skimming et scanning)
Le skimming consiste à parcourir le texte rapidement, sans dictionnaire, pour saisir l’idée générale. Lis le premier et le dernier paragraphe, ainsi que la première phrase de chaque paragraphe. Puis réponds aux questions de base, les 5 W :
- Who? les personnages ou les acteurs ;
- Where? le lieu ;
- When? l’époque, le moment ;
- What? l’événement ou le problème ;
- Why? les causes, les intentions.
Le scanning, lui, est une recherche ciblée : tu balaies le texte des yeux pour trouver une information précise, comme un nom propre, un chiffre ou une date. Les majuscules et les nombres sautent aux yeux : sers-t’en.
Question : How long was the train delayed? → tu cherches un nombre suivi de minutes ou hours.
Question : Where is Maya going? → tu cherches un nom de ville avec une majuscule, souvent après to.
Étape 3 : repérer les champs lexicaux
Un champ lexical (lexical field) regroupe les mots qui renvoient au même thème. Avec trois surligneurs de couleurs différentes, tu fais apparaître la structure cachée du texte : l’atmosphère, les émotions, les thèmes.
| Champ lexical | Mots relevés | Ce que cela montre |
|---|---|---|
| the weather | cold wind, rain, darkness | une atmosphère sombre et triste |
| travel | platform, suitcase, ticket, journey | le thème du départ |
| fear | terrified, frightening, afraid | l’émotion principale du personnage |
Repère aussi les mots transparents, proches du français (precious, to arrive, a journey n’en est pas un !), et les mots que tu peux déduire de leur formation : un- (contraire), -less (sans), -ful (plein de). hopeless = sans espoir, unkind = méchant.
Étape 4 : inférer et justifier
Inférer (to infer), c’est comprendre ce que le texte ne dit pas directement. L’auteur montre au lieu d’expliquer : She pulled her scarf tighter ne dit pas « elle a froid », mais tu peux le déduire. Toute inférence doit être justifiée par une citation courte, entre guillemets, avec la ligne si elle est indiquée.
Affirmation + preuve + explication. Maya is nervous about her new life. Indeed, the narrator says that she felt “both excited and terrified” (l. 12). This shows that she has mixed feelings.
Quelques formules utiles pour justifier :
- This is shown by the sentence… (C’est montré par la phrase…)
- The word “…” suggests that… (Le mot « … » laisse entendre que…)
- We can infer that… (On peut en déduire que…)
- It seems that… / Apparently… (Il semble que… / Apparemment…)
Face à un mot inconnu, pose-toi trois questions : quelle est sa nature (nom, verbe, adjectif) ? Est-il positif ou négatif ? Le reste de la phrase m’aide-t-il ? Dans A cold wind swept along the platform, swept est un verbe au prétérit, et le vent qui avance sur le quai fait penser à « balayer ».
Les pièges des francophones
Les faux amis trompent la lecture : actually = en fait, eventually = finalement, a library = une bibliothèque, sensible = raisonnable, to pretend = faire semblant, a journey = un voyage.
- Tout traduire : c’est lent et inutile. Traduis seulement les mots clés qui bloquent le sens.
- Recopier un paragraphe entier comme justification : la citation doit être courte et précise, quelques mots suffisent.
- Inventer : une inférence part toujours d’un indice du texte. Si tu ne peux pas citer, tu interprètes trop.
- Oublier la langue de la question : réponds en anglais si la question est en anglais, en français si elle est en français.
L’essentiel à retenir
- Observe le paratexte et formule une hypothèse avant de lire.
- Skimming : l’idée générale et les 5 W. Scanning : une information précise.
- Surligne les champs lexicaux pour révéler l’atmosphère et les thèmes.
- Devine les mots inconnus grâce au contexte, à leur nature et à leur formation.
- Inférer, c’est lire entre les lignes ; toute idée se justifie par une courte citation.

