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Territoire et mémoire : cours d’anglais en terminale

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Cours d'anglais terminale : Territoire et mémoire
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L’axe territoire et mémoire pose une question simple en apparence : comment un pays se souvient-il de son passé, et où inscrit-il ce souvenir ? Un coquelicot rouge épinglé le 11 novembre, une statue jetée dans le port de Bristol, des terres rendues à un peuple aborigène : dans le monde anglophone, la mémoire se joue dans les lieux. Ce cours vous donne les repères, le vocabulaire et la méthode pour analyser ces documents.

Territoire et mémoire : comprendre l’axe

La mémoire collective (collective memory) est la manière dont une société choisit de se souvenir. Elle n’est pas l’histoire : l’historien établit des faits, alors que la mémoire sélectionne, honore ou oublie. Le territoire est le support de cette mémoire : monuments, noms de rues, musées, champs de bataille, terres sacrées. D’où des conflits quand plusieurs groupes revendiquent le même lieu ou le même passé.

AnglaisFrançais
to commemorate, a commemorationcommémorer, une commémoration
a memorial, a monumentun mémorial, un monument
to pay tribute torendre hommage à
heritage, legacyle patrimoine, l’héritage (souvent lourd)
to acknowledgereconnaître (un tort, un fait)
an apology, reparationsdes excuses, des réparations
to topple, to pull downdéboulonner, renverser
dispossession, ancestral landsla dépossession, les terres ancestrales
land rights, native titleles droits fonciers, le titre autochtone

Commémorer : Remembrance Day et ses symboles

Chaque 11 novembre à 11 heures, le Royaume-Uni et les pays du Commonwealth observent deux minutes de silence : c’est l’heure de l’armistice de 1918. Le dimanche le plus proche, Remembrance Sunday, le roi dépose une couronne au Cenotaph, le monument aux morts de Whitehall, à Londres.

Le symbole de ce souvenir est le coquelicot rouge (the poppy). Il vient du poème In Flanders Fields, écrit en 1915 par le médecin militaire canadien John McCrae : les coquelicots furent parmi les premières fleurs à pousser sur les champs de bataille retournés des Flandres. Depuis 1921, la vente de coquelicots en papier finance l’aide aux anciens combattants. Certains préfèrent le coquelicot blanc, symbole de paix. La formule Lest we forget (Pour que nous n’oubliions pas) figure sur de nombreux monuments.

6 FebWaitangi Day25 AprAnzac Daylate MayMemorial Day19 JunJuneteenth30 SepTruth andReconciliation11 NovRemembrance/ Veterans Dayrouge : guerres · jaune : esclavage · vert : peuples autochtones
Une année de commémorations dans le monde anglophone : chaque date ancre un souvenir dans un territoire.

Ailleurs, l’Anzac Day (25 avril) honore en Australie et en Nouvelle-Zélande les soldats débarqués à Gallipoli en 1915 ; aux États-Unis, Memorial Day (dernier lundi de mai) honore les militaires morts en service, et Veterans Day (11 novembre) tous les anciens combattants.

La mémoire de l’esclavage et de la colonisation

Environ 12,5 millions d’Africains ont été déportés à travers l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle. Des ports britanniques comme Bristol, Liverpool et Londres ont bâti une partie de leur richesse sur ce commerce.

DateRepère
1807Le Royaume-Uni abolit la traite des esclaves.
1833Le Slavery Abolition Act abolit l’esclavage dans la plupart des colonies britanniques.
1865Le 13e amendement abolit l’esclavage aux États-Unis ; le 19 juin, la nouvelle atteint Galveston, au Texas : c’est l’origine de Juneteenth, jour férié fédéral depuis 2021.
1948Arrivée de l’Empire Windrush : des Caribéens viennent reconstruire le Royaume-Uni. En 2018, le scandale Windrush révèle que certains de leurs descendants ont été menacés d’expulsion à tort.
2020À Bristol, la statue du négrier Edward Colston est renversée et jetée dans le port lors d’une manifestation Black Lives Matter.

Cette mémoire s’inscrit dans des lieux : l’International Slavery Museum de Liverpool, le National Museum of African American History and Culture à Washington, ou le mémorial des victimes de lynchages à Montgomery, en Alabama. Le mouvement Rhodes Must Fall, né en 2015 en Afrique du Sud, a remis en cause les monuments à la gloire des colonisateurs jusqu’à Oxford.

Les territoires autochtones : terres, droits et réconciliation

Pour les peuples autochtones (Indigenous peoples, First Nations, Native Americans, Aboriginal and Torres Strait Islander peoples, Māori), la mémoire est inséparable de la terre : la colonisation a d’abord été une dépossession.

  • États-Unis : l’Indian Removal Act de 1830 conduit à la déportation des Cherokees, la Trail of Tears. Aujourd’hui, les réserves disposent d’une souveraineté limitée ; en 2016, la tribu sioux de Standing Rock s’est opposée au passage d’un oléoduc près de ses terres sacrées.
  • Canada : les pensionnats autochtones (residential schools) ont arraché des générations d’enfants à leur culture. Une commission vérité et réconciliation a rendu son rapport en 2015, et le 30 septembre est devenu journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
  • Australie : en 1992, l’arrêt Mabo rejette la fiction de la terra nullius (terre n’appartenant à personne) et reconnaît un titre foncier autochtone. En 2008, le Premier ministre Kevin Rudd présente des excuses officielles aux Stolen Generations. L’ascension d’Uluru, site sacré des Anangu, est interdite depuis 2019.
  • Nouvelle-Zélande : le traité de Waitangi (1840) entre la Couronne et des chefs maoris reste au cœur des revendications territoriales.
Vocabulaire clé

Une land acknowledgement est une déclaration lue au début d’un événement pour reconnaître les propriétaires traditionnels d’un lieu : We acknowledge that we are gathered on the traditional lands of the Wurundjeri people. Elle est courante au Canada et en Australie.

Débats : effacer ou expliquer le passé ?

Faut-il retirer les statues de personnages liés à l’esclavage ou à la colonisation ? Les uns estiment qu’une statue honore plus qu’elle ne raconte, et que l’espace public doit refléter les valeurs d’aujourd’hui. Les autres craignent qu’on erase history et proposent d’ajouter des plaques explicatives. Une voie médiane consiste à déplacer les statues dans des musées : la statue de Colston y est exposée couchée, couverte de graffitis.

Phrases utiles
  • This monument reflects how the nation wishes to see itself.
  • Remembering is a choice: what a country forgets says as much as what it celebrates.
  • The land itself carries the memory of dispossession.

Méthode : analyser un document de mémoire

  1. Qui se souvient ? Un État, une communauté, un artiste, un groupe militant.
  2. De quoi, et où ? Un événement, un lieu précis, une date.
  3. Sous quelle forme ? Monument, cérémonie, musée, excuses, restitution de terres.
  4. Qui en est absent ? Toute mémoire a ses angles morts : c’est souvent l’axe de votre problématique, par exemple Whose memory does this place celebrate, and whose does it silence?

Les pièges des francophones

Attention
  • Souvenir en anglais désigne un objet-souvenir ; « le souvenir » des morts se dit remembrance ou memory.
  • To commemorate se construit directement : to commemorate the victims, sans préposition.
  • Indigenous prend une majuscule quand il désigne les peuples : Indigenous peoples.
  • « Rendre hommage à » se dit to pay tribute to, et non to make homage.

L’essentiel à retenir

À retenir
  • La mémoire s’inscrit dans des lieux : monuments, musées, terres, noms de rues.
  • Remembrance Day : 11 novembre, 11 heures, deux minutes de silence, le coquelicot de McCrae.
  • Esclavage : 1807, 1833, 1865, Juneteenth, Windrush, la statue de Colston en 2020.
  • Peuples autochtones : Trail of Tears, residential schools, Mabo (1992), excuses de 2008, Waitangi (1840).
  • Problématique type : quelle mémoire un lieu célèbre-t-il, et laquelle fait-il taire ?